Motché perfect : Le chiac en poésie

26 juin 2009

Motché Perfect« Technically, cé still du français. »

Comme bien d’autres Acadiens qui voguent dans les eaux des la francophonie (mondiale ou canadienne), on m’a souvent posé une question particulière de nature socio-linguistique : Parles-tu le chiac?

Oui, en effet, je le parle.

Évidemment, je ne le parle pas très souvent depuis que je suis au Québec, mais mes amis et mes collègues veulent souvent que je leur fasse une démonstration. Ça me met toujours un peu mal à l’aise car j’ai tendance à parler chiac dans des contextes particuliers seulement (avec mon épouse, ma famille immédiate et mes amis d’enfance).

Quand je suis au travail, je me sers de mon langage de travail qui est plus poli et plus neutre. Ce n’est pas que je change mon accent (je suis un Acadien de Shédiac et les gens le décèle assez rapidement), mais je ne sors pas mon chiac dans une réunion d’affaire.

Quand on me demande une « performance » en chiac, je ne peux le faire naturellement. Je dois alors me référer à des phrases-types et je fini toujours par citer la chanson À Moncton de Marie-Jo Thério ou bien des extraits d’Acadieman.

Maintenant, je peux ajouter un merveilleux nouveaux bouquin à mon répertoire : Motché perfect : le chiac en poésie.

Anne Lévesque, une franco-ontarienne qui s’est installé dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, a pondu une œuvre importante qui réussi à saisir l’essence du chiac sans l’entouré de tout un débat sociolinguistique sur l’érosion du français en Acadie. Elle a bien fait ses classes et ses textes sont incroyablement fidèle au chiac que je parle depuis ma naissance.

En voici quelques extraits :

Le U-Haul

Y vont chercher le trock
Y passent la journée à paqueter
Pis off they go
Le U-Haul a parti en feu
Shé pa you
Y’a hallé su ‘l bord du ch’min
Y’a callé Nine-One-One
Tousse qui ownions a brûlé
Y’avaient inque le linge su ‘l corps
J’feel mal pour zeux

Parlee Beach

Hopefully, i’ fera right beau pour la week-end
Ça annonce right beau
Jusse des passing cloud
J’aimerais planné d’aller à la beach
I’ avait un enfant hysterical l’autre jour
Conne-trai-ri!
T’essaie pas d’ reasonner avec un kid
Les cellphone pis les enfants hysterical,
Ça devrait être banné sur la beach
Pis les Québécois en Speedo


Roméo LeBlanc : Un grand s’éteint

26 juin 2009

Cette semaine, l’Acadie, tout comme le reste du pays, a perdu un de ses plus grands ambassadeurs. Roméo LeBlanc est décédé dans sa demeure à la suite d’une longue maladie.

J’ai eu la chance de le rencontrer brièvement lors de deux événements protocolaires, mais ces courts moments ont confirmé ce que tous disaient à son sujet. Il était un homme fidèle à ses racines et il ne s’est jamais laissé emporter par ses succès.

Hier, l’équipe de Capacadie.com et de l’Acadie Nouvelle ont présenté un hommage à la hauteur cet homme qui a tant marqué l’Acadie et la Canada. Je vous suggère de prendre le temps de lire ces textes :

«Un homme modeste et humble» par Jessica Ébacher :

« Si les Canadiens, et surtout les Acadiens, se rappellent de Roméo LeBlanc comme un modèle d’espoir et d’inspiration, ceux qui le connaissaient ou qui le côtoyaient le décrivent comme un homme sans prétention, de cœur, gentleman et des plus humains. »

Des origines modestes par Jessica Ébacher :

« La volonté de Roméo LeBlanc de vouloir donner une chance à ceux qui n’en ont pas n’est pas étrangère à son histoire qui se destinait à être des plus simples. Comme si le destin l’avait choisi pour redonner aux suivants. »

L’Acadie perd un ambassadeur par l’équipe de l’Acadie Nouvelle :

« Celui qui a été le premier Acadien à occuper les fonctions de gouverneur général du Canada et dont la liste des réalisations humaines et professionnelles est impressionnante… »

Un héritage empreint d’humanité par Lyne Robichaud :

« L’héritage que lègue Roméo LeBlanc au peuple acadien va au-delà des mots. Homme politique qui a travaillé pour aider les moins nantis de la société, il demeurera dans la mémoire collective acadienne comme un modèle de persévérance. »

L’Acadie a perdu un grand homme, mais elle se porte beaucoup mieux grâce à lui.


La sélection naturelle à l’oeuvre – 2

25 juin 2009

La sélection naturelle à l’œuvre

19 juin 2009

Si l’on voulait la preuve que la sélection naturelle est bien à l’œuvre dans la société moderne, je viens de la trouver.

Dans six États américains, les gouvernements ont révoqué des lois forçant les motocyclistes à porter des casques. Dans ces beaux coins de pays, ce sont souvent les citoyens eux-mêmes qui ont demandé cette « liberté ». La liberté de commettre des conneries.

Selon une récente étude, un lien entre le taux d’organes disponibles pour des transplantations et le port su casque a été établi. Sans surprise, le taux d’organes disponible est plus élevé dans les États où le port du casque n’est pas obligatoire.

Voilà, c’est ça le Darwinisme.


Patriotique, par la force des choses

18 juin 2009

Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick vient de faire passer une loi qui oblige les écoliers à écouter l’hymne national en classe chaque jour. Je me suis déjà prononcé sur ce sujet, mais la concrétisation du projet de loi m’amène à un questionnement plus fondamental.

Je me demande, d’abord, si, pour une société qui se vante d’être libre, ce n’est pas paradoxal (ou même malsain) de forcer nos jeunes à écouter l’hymne national à profusion?

Le ministre de l’Éducation, Kelly Lamrock, qui a été le moteur derrière ce projet de loi, nous explique sont raisonnement comme suit : « Comme parent, je veux que mes enfants puissent apprendre dans leur école l’importance de l’hymne national, du drapeau national et de tous nos symboles partagés parce que ça donne à nos enfants le sens qu’ils sont Canadiens et qu’ils ont droit à toutes les choses qui sont canadiennes. »

En lisant ce commentaire, j’ai la nette impression que la motivation du ministre est basée sur ses valeurs personnelles. Suite à un incident dans une école de la province, il avait décrété qu’il forcerai toutes les écoles à jouer l’hymne national tous les jours. Comme parent, moi je veux que mon fils mange davantage de légumes. Pas besoin de loi pour me forcer des les mettre dans son assiette.

Je me demande, s’il faut passer une loi pour s’assurer que l’hymne soit joué chaque jour, est-ce un signe de force ou de faiblesse?

Plus simplement, il faut se demander si, dans un contexte où les écoles sont forcés de jouer l’hymne, est-ce que les jeunes peuvent refuser de participer? Sont-ils libres de quitter la classe pendant que l’hymne joue?

J’imagine qu’il y aura très peu de gens qui voudrons quitter la classe et je ne le suggère pas, mais il y a toujours une possibilité qu’une telle situation se présente.


Postes retranchés à l’Acadie Nouvelle

18 juin 2009

Malgré la nouvelle d’hier sur les ajustements que fait l’Acadie Nouvelle en raison la crise économique, on en apprend curieusement plus sur les mises à pied sur le site de la CBC…en anglais!

Pas un mot sur le site d’accueil de l’Acadie Nouvelle.


Pas de place pour des anglophones au Québec

15 juin 2009

Alors, voilà. L’aile plutôt extrémiste du mouvement souverainiste au Québec à décider de mettre en application les recommandations de M. Parizeau et de créer une crise afin de faire « avancer » les choses.

Les groupes Bloodshot Bill et Lake of Stew, composés de musiciens anglo-québécois, devaient se produire pour le show de l’Autre St-Jean le 23 juin, mais l’Association culturelle Louis-Hébert a demandé le retrait des deux groupes. Apparemment, il n’y a pas de place pour les anglophones dans la fête nationale « de tous les québécois ».

Évidemment, les réactions n’ont pas tardés. Il y a en a de toutes sortes, mais la nouvelle a été plutôt mal accueillie. Plus tôt aujourd’hui, la ministre de la Culture a fustigé « La frange “intolérante” du mouvement souverainiste veut exclure les anglophones du paysage culturel québécois… »

Pour ma part, j’ai bien aimé le texte de Patrick Lagacé dans lequel il pose le problème sous un autre angle :

Imaginez une fête du 1er juillet alternative, dans un coin assez Anglo, genre certains coins des Cantons de l’Est ou le West-Island. Imaginez qu’on ait invité Marie-Pierre Arthur ou Vincent Vallières à jouer. Maintenant, imaginez que les organisateurs de cette fête soient obligés de flusher Arthur ou Vallières, parce que des excités auraient menacé de perturber le party, because we ain’t gonna listen to French music on Canada Day…

Imaginez le bruit des chemises déchirées.

Ouais, imaginez.

Pour ma part, je ne peux m’empêcher de penser à ma communauté acadienne et sa propre fête nationale. Est-ce que « nous » accepterions que Zachary Richard chante ses tounes en anglais lors d’un spectacle du 15 août?

Sans doute que oui (surtout que M. Richard est un demi-dieu dans la communauté acadienne), mais la comparaison est boiteuse. Néanmoins, je suis certain qu’il y aurait des Acadiens nationalistes qui soulèveraient un tollé.


Le retour en Acadie

15 juin 2009

Afin de garder ma promesse de ne plus négliger ce blogue, je vais commencer à y ajouter mes commentaires/sentiments sur mon retour permanant en Acadie (le mien et celui de ma petite famille, bien sûr).

Le déménagement va se faire à la fin de cette année, à la mi-décembre. On va officiellement mettre notre maison à vendre au mois d’août et la libérer vers le 20 décembre. Moi, je vais retourner à Montréal au début de 2010 pour finir mon travail, mais juste pour quelques semaines.

Toute une série de changements en vue.

Nous ne déménageons pas parce que nous ne sommes pas heureux ici au Québec dans la banlieue de Montréal. Nous sommes très heureux. Sauf que, les racines acadiennes sont longues et elles sont fortes. Nos deux familles sont dans le sud-est du Nouveau-Brunswick et nous voulons les voir plus que 2 ou 3 fois par année.

En jugeant par nos activités en fin de semaine (Jardin botanique, Insectarium, feu de camp avec amis, baignade chez els voisins, etc.), il est évident qu’on s’amuse bien à Montréal.

Ce sont des choses qui vont sans doute nous manquer lors de notre retour en Acadie, mais on peut toujours venir faire un tour dans la grande ville. Nous y reviendrons souvent.

En passant, je me cherche du travail dans la région de Moncton. Je peux commencer le 1er mars 2010. ;-)


Le retour du blogueur prodigue

14 juin 2009

Toc. Toc. Toc.

Il y a quelqu’un?

Je viens d’enlever les fils d’araignées sur ce blogue et, à ma très grande surprise, il y a encore des gens qui s’y pointent le nez. Sans doute des accidents de parcours.

Plusieurs visiteurs se sont retrouvés sur ces pages en tapant le mot « phoque ». J’imagine qu’ils sont frustrés et ils entrent « ouate de phoque » dans Google. Tant mieux. Mes statistiques sont un peu moins déprimantes.

Mon dernier billet a été rédigé il y 2 mois et celui-ci, jusqu’à présent, n’offrent rien d’intéressant. Alors, allons-y avec une courte vidéo qui m’a beaucoup plu ce matin. Voici mon bureau de rêve :

Quel plaisir de se lever le matin et de s’installer à un bureau comme celui-là. Je n’ai pas tellement d’aptitudes techniques, mais je suis un « wannabe geek ». J’adore les gadgets et je passe beaucoup de temps à lire sur des sites comme Engagdet. Trop de temps, peut-être.

Si je passais un peu moins de temps sur Engadget, j’aurais peut-être un peu plus de temps pour ce blogue.

Je vais me forcer. Peut-être.


Les ultra riches : À la racine de la crise?

13 avril 2009

Hier à Tout le monde en parle, j’ai eu l’occasion, comme beaucoup, d’écouter les propos de Hervé Kempf, auteur et journaliste au journal Le Monde.

M. Kempf nous présentait son nouveau livre, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme. Ce livre est la suite de Comment les riches détruisent la planète. Disons qu’il n’est pas un champion de la subtilité.

J’avais lu, plus tôt dans la semaine, une entrevue avec M. Kempf dans le journal Voir et j’avais bien aimé ce qu’il avait à dire. Voici quelques extraits de cette entrevue avec lesquels je suis en accord :

(En commentant les résolutions des pays du G20)

« Mais on a pu constater qu’on ne pose toujours pas les questions de fond que soulèvent les crises économiques mais aussi écologiques que nous traversons. Nous sommes toujours dans une logique de relance d’un système qui ne fonctionne plus. »

« En ne remettant pas en cause le rôle du FMI, par exemple, on renforce le rôle d’un des instruments qui, pourtant, a été à la source de cette hyper-libéralisation des marchés dont on connaît les conséquences désastreuses. »

« Quoi qu’il arrive, il faut orienter nos systèmes économiques de manière à ce qu’ils soient compatibles avec le contexte écologique. Créer des emplois qui contribueront au surcroît de la production matérielle aura nécessairement un effet négatif sur l’environnement. Il faut donc se distancier de cette obsession matérialiste qui est le propre de nos sociétés. »

Bon, je suis bien d’accord que de relancer un système qui a d’immenses failles n’est pas nécessairement une bonne stratégie et que les considérations écologiques doivent être omniprésente dans la refonte de nos économies. À ce point, tout va bien entre moi et M. Kempf.

J’ai commencé, par contre, à voir un autre aspect à son argument lors de sa présence à TLMEP. Sur le plateau de l’émission de Guy A., M. Kempf a littéralement « sorti » du capitalisme pour, semble-t-il, se ranger derrière le titre de son bouquin précédent (Comment les riches détruisent la planète).

Il s’en est sérieusement pris du petit groupe de « riches » qui détiennent une partie disproportionnée de la richesse du monde et il a suggéré qu’il fallait démanteler cette « oligarchie ». Cette « oligarchie » est, selon lui, un groupe d’hommes riches (ex. : Bill Gates) qui, grâce à leur immense fortune, jouissent d’un pouvoir aussi disproportionné que leur fortune.

La solution à ce problème, comme le propose M. Kempf, est de non seulement réduire l’écart entre les riches et les pauvres (ce qui est noble), mais de remettre cette richesse dans des mains collectives. Malgré le fait qu’il n’a pas défini cette collectivité, il était assez clair qu’il voulait dire le peuple. Dans une démocratie, le peuple, forcément, équivaut le gouvernement.

Micheline Lanctôt a immédiatement embarqué dans l’argument (elle semblait convaincue d’avance) et les deux semblaient être d’accord qu’il était inacceptable que l’oligarchie en question ne devait pas avoir autant de pouvoir. En autre mots, ce n’est pas Bill Gates qui doit contribuer à l’agriculture africaine ou le combat contre le VIH/SIDA. Ce n’est pas lui et sa conjointe Melinda qui doivent mettre plus de livres dans les bibliothèques de nos écoles. Ce n’est pas Guy Laliberté qui doit nous inciter à réduire notre consommation d’eau.

Selon M. Kempf, et bien d’autres, c’est le peuple, ou la collectivité, qui doit être chargé de ces décisions. Encore, il faut mentionner que les décisions de la collectivité se font par le biais de nos gouvernements.

Je veux bien, mais…

Malgré le fait que je tends traditionnellement vers la gauche politique, je ne suis pas encore convaincu que TOUTES ces décisions doivent être prises et mises en marche par nos gouvernements.

La question que je voulais que Guy A. pose à M. Kempf est la suivante : « Si votre souhait de transférer la richesse des ultra riches vers les gouvernements avait été exaucée il y a huit ans, auriez-vous été d’accord que ce soit George W. Bush qui décide plutôt Bill Gates? »

Je ne suis pas convaincu que M. Bush n’aurait pas tout simplement dirigé ces sous vers la défense nationale. En tous cas, il est certain qu’il n’aurait pas investi dans la lutte contre le VIH/SIDA.

Tout ceci pour dire que, dans une certaine mesure, je suis bien d’accord avec M. Kempf. Il faut repenser le système économique en s’assurant de la préséance de l’environnement dans toutes nouvelles politiques. Il faut tenter d’encourager la réduction de la consommation et la pérennité de nos projets.

Il ne faut pas, par contre, mettre tout le poids de cette crise sur « les riches ». Il ne faut pas, non plus, risquer de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Est-ce qu’il y a des « riches » arnaqueurs qui ont contribués à cette crise? Sans doute, mais il ne faut pas oublier que beaucoup l’ont fait avec l’aide, implicite et explicite, des représentants de la collectivité.