
Je suis très rarement frustré lorsque je lis la section “Arts & Spectacles” de La Presse. Sauf, peut-être, quand je tombe sur une chronique de Nathalie Petrowski. Ce matin, par contre, c’est le chroniqueur/critique MArc Cassivi qui m’a forcé de lâcher un “franchement” bien audible dans l’autobus.
Dans le numéro de ce matin, Marc Cassivi nous présente son entrevue avec “la reine de la pop”, Véronique Cloutier. Je ne suis pas nécessairement un gros fan de Véro, mais elle est quand même une figure importante dans le monde de la culture populaire et je m’attendais à en apprendre un peu plus sur ses plus récents projets. Après tout, le but d’une entrevue (et de toute forme de journalisme) est d’informer le lecteur sur son sujet.
Apparament, M. Cassivi était absent lors de cette partie de son cursus, car, en lisant cette “entrevue”, on en apprend davantage sur lui que sur elle. Voici un extrait typique :
M.C.: Pour prendre l’exemple d’Ariane Moffatt, on peut vraiment dire qu’elle a aujourd’hui un succès populaire réel. Pourtant, je ne crois pas que la critique l’apprécie moins depuis qu’elle a un rayonnement plus vaste. C’est vrai que la critique, dont je fais partie, est souvent accro à la nouveauté. On est vite blasé par des trucs qu’on a déjà vus ou entendus. On aime qu’il y ait une recherche, une volonté d’innover. On aime être surpris. Alors on va aimer une Ariane Moffatt qui arrive avec de nouveaux projets et de nouveaux sons. Ce qu’on va moins aimer, c’est que Gregory Charles fasse un pastiche d’Enrique Iglesias. Parce qu’on sent que ç’a été fait pour vendre, que c’est une formule. On ne reconnaît pas la démarche artistique de Gregory Charles dans ce produit-là, qui évidemment est très populaire. C’est là où il y a une dichotomie.
V.C.: C’est correct que ça vous plaise moins. C’est correct que vous soyez blasés. Vous écoutez tous les albums, vous voyez tous les films, vous regardez tout ce qui se fait à la télé. C’est normal d’avoir un regard différent. Le problème n’est pas là. Vous pouvez faire des critiques, bonnes ou mauvaises, on peut vivre avec ça. Là où je vois un problème, c’est dans votre perception des gens. Gregory Charles a fait un album que vous trouvez ordinaire. Est-ce que ça veut dire que Gregory Charles n’a pas de talent, que c’est un quétaine fini, qu’il ne mérite pas notre attention ou de faire un numéro dans un gala?
M.C.: Contrairement à toi, je ne crois pas que la critique soit blasée de manière générale. Je crois que la critique est plus exigeante que la majorité des gens, parce qu’elle a un accès privilégié à un plus grand nombre d’oeuvres. La plupart des critiques ont gardé la capacité de s’étonner, d’avoir des coups de coeur. Mais ils ne se contentent pas de ce qui est moyen ou tiède. Gregory Charles, c’est un bon exemple de la mésentente entre la critique et le public. Si j’écrivais que l’album de Gregory Charles, c’est du remâché, on me reprocherait d’être snob et élitiste…
V.C.: Mais si tu ajoutais «par contre, il chante super bien, les arrangements sont bien faits, dans le genre, si vous aimez ça, c’est un bon choix». C’est peut-être là où parfois, pour rejoindre le grand public, la critique pourrait être plus objective, même si une critique, c’est d’abord subjectif. Évidemment, ça se peut aussi que quelque chose soit très populaire sans être bon. Ça arrive…
Ma foi, je n’ai jamais lu, vu ou entendu une entrevue dans laquelle les questions de l’intervieweur sont plus longues que les réponses de son sujet. Surtout que, dans ce cas particulier, le sujet n’a pas normalement la langue dans la poche. Je suppose que, comme les questions étaient plutôt axées sur lui et son métier, elle n’avait pas grand-chose à dire.
La seule phrase qui m’est venue à l’esprit en lisant cette entrevue est : “Get over yourself!”
Un autre “twitt” !
Par coccinelle le 10 mars 2009
à 19:14