Publié par : phoff | 26 novembre 2006

La « nation » – des explications

quebecois.jpg

Enfin, je viens de trouver une analyse de l’aspect sémantique de la déclaration de Stephen Harper au sujet de la reconnaissance de la « nation » québécoise.

Dans le Toronto Star (j’ai passé le week-end dans la ville Reine), j’ai tombé sur cet article de Lynda Hurst qui analyse les difficultés qu’on les spécialistes et politiciens a proprement définir le concept de la « nation ». Dans l’article, il également question de l’utilisation stratégique du mot « Québécois » plutôt que « Québec ».

En associant le discours de Harper avec le concept de « l’ethnonation », la sociolinguiste Monica Heller nous dit ceci :

That, quite clearly, was the meaning Harper intended when he chose to use the word “Québécois,” instead of “Quebec,” according to Monica Heller, a Quebec-born professor of socio-linguistics at the University of Toronto.

“It wasn’t an accident that he talked about the people rather than state structure, “she says. “If he’d said Quebec, he’d leave himself open to the interpretation of nation-state.”

Plus tard dans le même article, elle poursuit sur le même tracé en disant :

That’s not all that’s wrong with the proposal, says Heller. Harper may have been wise to use “Québécois” instead of “Quebec,” but where, she asks, does that leave all the other francophones in Canada, herself included?

“Who are the Québécois? Only people who live within the geographic entity of Quebec? Only those who are de souche, whose roots go back for generations? Who is he talking about?”

The Prime Minister’s Office said later in the week that, by Québécois, Harper means the residents of Quebec, not francophones in New Brunswick, Ontario or elsewhere in Canada.

“Then,” says Heller, “he’s made a mistake.”

La lecture de cet article, et bien d’autres, ainsi qu’une bonne longue discussion avec un ami qui œuvre dans la sphère politique, m’a permis de clarifier ma propre position sur cette question épineuse.

Tel que mentionné dans mon billet précédent, la déclaration de Harper, quoique bien intentionnée, manque la cible. Peu importe ce que disent les gens de son bureau, j’ai de la difficulté à imaginer que son utilisation du mot « Québécois » n’était pas stratégique. Si le choix n’était pas délibéré, c’est un problème, comme le dit Mme Heller. C’est un problème parce que, pour beaucoup de gens au Québec, le mot « Québécois » ne désigne pas tous les résidents de la province. Le même problème existe, par contre, si le choix était délibéré, car cela voudrait dire que Harper est conscient de cette distinction et, en principe, il lui donne son aval.

Ce sont pour cette raison que cette motion, tel qu’elle est prononcée, fait défaut. Même si le mot nation est tellement vague, je suis d’accord que le Québec est un territoire distinct. Est-ce que c’est une « nation »? Peut-être, mais le problème est que chacun semble vouloir s’attacher à sa propre définition de ce mot. Un souverainiste québécois pur et dur n’a pas la même définition que fédéraliste en Alberta.

La motion, donc, ne fera que d’alimenter la discussion plutôt que d’y mettre fin.


Répondre

Votre réponse :

Catégories