
Enfin, je viens de trouver une analyse de l’aspect sémantique de la déclaration de Stephen Harper au sujet de la reconnaissance de la « nation » québécoise.
Dans le Toronto Star (j’ai passé le week-end dans la ville Reine), j’ai tombé sur cet article de Lynda Hurst qui analyse les difficultés qu’on les spécialistes et politiciens a proprement définir le concept de la « nation ». Dans l’article, il également question de l’utilisation stratégique du mot « Québécois » plutôt que « Québec ».
En associant le discours de Harper avec le concept de « l’ethnonation », la sociolinguiste Monica Heller nous dit ceci :
Plus tard dans le même article, elle poursuit sur le même tracé en disant :
La lecture de cet article, et bien d’autres, ainsi qu’une bonne longue discussion avec un ami qui œuvre dans la sphère politique, m’a permis de clarifier ma propre position sur cette question épineuse.
Tel que mentionné dans mon billet précédent, la déclaration de Harper, quoique bien intentionnée, manque la cible. Peu importe ce que disent les gens de son bureau, j’ai de la difficulté à imaginer que son utilisation du mot « Québécois » n’était pas stratégique. Si le choix n’était pas délibéré, c’est un problème, comme le dit Mme Heller. C’est un problème parce que, pour beaucoup de gens au Québec, le mot « Québécois » ne désigne pas tous les résidents de la province. Le même problème existe, par contre, si le choix était délibéré, car cela voudrait dire que Harper est conscient de cette distinction et, en principe, il lui donne son aval.
Ce sont pour cette raison que cette motion, tel qu’elle est prononcée, fait défaut. Même si le mot nation est tellement vague, je suis d’accord que le Québec est un territoire distinct. Est-ce que c’est une « nation »? Peut-être, mais le problème est que chacun semble vouloir s’attacher à sa propre définition de ce mot. Un souverainiste québécois pur et dur n’a pas la même définition que fédéraliste en Alberta.
La motion, donc, ne fera que d’alimenter la discussion plutôt que d’y mettre fin.