Comme d’habitude, j’ai lu avec intérêt la chronique de Carol Doucet de la semaine dernière et, sans surprise, son texte m’a forcé à bien réfléchir aux causes de l’exode de « notre monde ». Évidemment, étant donné que je suis moi-même un expatrié, c’est un sujet qui m’intéresse depuis longtemps.
Dans son texte, Carol nous explique bien les raisons pour lesquelles les gens quittent le Nouveau-Brunswick. Les travailleurs cherchent des emplois, ils cherchent de la sécurité et de la stabilité. Ils cherchent aussi des sous. À première vue, c’est un scénario qui s’explique facilement. Il y a, par contre, d’autres questions qu’il faut se poser.
D’abord, je dois d’abord avouer que je n’ai pas l’impression que Fort McMurray (qui est, on s’entend, un symbole) ne « vole » personne. Je suis plutôt de l’avis que c’est le Nouveau-Brunswick qui lui fait un cadeau de ses cerveaux (et de ses mains, bras, jambes…). Dupuis des générations, les gouvernements successifs du Nouveau-Brunswick ont dévoué si peu de ressources au développement économique que les emplois nécessaires pour garder les gens dans la province n’existent tout simplement pas.
Au début de l’année, le Globe and Mail annonçait que la croissance économique du Canada montait en flèche depuis maintenant 14 ans et que la tendance allait se maintenir. Pendant cette période, on a été témoin d’une croissance record de la population canadienne et d’énormes surplus budgétaires fédéraux. Qu’est-il arrivé au Nouveau-Brunswick pendant ces 14 ans? Pas grand-chose. La population n’a cessé de décroître et la province est devenue encore plus dépendante des transferts de péréquation fédéraux.
Est-ce que les politiciens, les journalistes ou les éditorialistes parlent de ça ? Pas vraiment. On aime mieux parler du « McKenna Miracle » et de création d’emplois. Sans vouloir dénigrer le travail que font ceux qui travaillent dans les centres d’appels, ou même de dénigrer les efforts d’attirer certaines entreprises au Nouveau-Brunswick, il me semble évident que la province ne pourra croître si elle ne diversifie pas son économie.
Pendant le règne de Bernard Lord, on aimait se « péter les bretelles » pour deux choses : la création de nouveaux emplois dans les centres d’appels et le fait que les gens qui avait un revenu de moins de 15 500 $ ne paieraient pas d’impôt sur leur revenu.
C’est bien beau tout ça, mais il faut faire de petits calculs. Le salaire moyen d’un employé de ces centres était, à ce moment donné, 17 500 $ et le gouvernement Lord investissait approximativement 7 500 $ par poste pour convaincre les compagnies à s’installer au Nouveau-Brunswick. À ce rythme, le gouvernement Lord se servait de fonds publics pour créer des emplois qui ne généraient aucun revenu par le biais des impôts.
Pas très payante cette aventure de centres d’appels. Sans parler du fait que beaucoup de gens qui poursuivent des études postsecondaires ne veulent pas travailler à 9 $ l’heure pour le reste de leur vie.
Le fait que la création de ce type d’emploi ait été à la base du développement économique privé au cours des 15 dernières années jumelé aux fait que le Nouveau-Brunswick est celle qui investie le moins dans la recherche et le développement, le portrait de la santé économique de la province devient de plus en plus clair.
Je suis très loin d’être un spécialiste dans le domaine du développement économique, mais je sais qu’à la base, il faut y avoir de l’innovation et de la diversité. Il y a un bon nombre d’universités et de centres de recherche au Nouveau-Brunswick, mais, jusqu’à présent, les politiciens n’ont pas su miser sur ces expertises afin de tenter d’attirer des entreprises qui pourraient contribuer à diversifier l’économie de la province.
Je ne connais pas toutes les raisons qui expliquent cette lacune, mais je suis de l’avis que la crainte malsaine des investisseurs étrangers et la promotion exagérée de l’entrepreneuriat local (80% des petites entreprises locales font faillite en moins de 5 ans) doivent être des facteurs qui contribuent à la stagnation.
Si l’Île-du-Prince-Édouard peut attirer des entreprises comme Ceridian Canada (une firme qui se spécialise dans le domaine des ressources humaines) et Kodak Canada, le Nouveau-Brunswick peut également le faire.
Le gouvernement du Canada a très récemment annoncé que les secteurs prioritaires dans lesquels il prévoyait dépenser plusieurs milliards étaient, entre autres, l’industrie automobile, l’industrie aérospatiale, la biotechnologie et les autres technologies dites « propres ». Le hic, c’est que ces secteurs de l’économie sont essentiellement non existants au Nouveau-Brunswick.
En général, les gens qui quittent le Nouveau-Brunswick ne le font pas parce qu’ils détestent vivre là. Ils quittent parce qu’ils n’ont pas le choix. Heureusement, le Groupe de travail sur l’autosuffisance mis sur pied à la demande de Shawn Graham, propose de mettre l’accent sur les investissements venant de l’étranger et sur la recherche et le développement. Espérons qu’il y a quelqu’un qui écoute et que les gens qui ont quitté la province pourront revenir au bercail.
17 octobre 2007 à 19:41
Fort McMurray draine des Canadiens de partout, ici à Ottawa certains corps de métier de la construction sont en pénurie parce que beaucoup vont en Alberta où les salaires sont meilleurs et les emplois garantis. Il n’y a pas grand chose qui peut concurencer le pétrole. En plus on en peut pas reprocher au gens de ne pas vouloir leur part du gâteau, si quelqu’un est prêt à s’exiler aussi loin pour travailler on ne peut que respecter son choix
17 octobre 2007 à 21:58
Je suis d’accord qu’il est difficile de concurencer avec le pétrole, mais il y a quand même plusieurs autres secteurs d’activités dans lesquels le N.-B. peut s’aventurer et tenter de garder ces cerveaux.
De plus, le problème est un peu plus grave au N.-B. (et à Terre-Neuve) car très peu de gens de l’extérieur décident de s’y installer. La région d’Ottawa, l’Ontario et la plupart des autres régions du Canada perdent des jeunes, mais ces régions ne souffre pas d’une perte d’effectifs comme le N.-B.
18 octobre 2007 à 18:47
j’ai vu un reportage aux nouvelles l’autre jour mais c’est toujours difficile de sentir l’intensité de la crise au travers des yeux d’un journaliste. C’est donc si pire que cela
3 novembre 2007 à 12:31
Canada, terre de contrastes !
14 janvier 2009 à 08:48
Salut
Je cherche un contact pour aller travailler a Fort McMurray.
Comme manoeuvre ou autre. Si vous avez contact svp veuillez me les faire parvenir.merci
14 janvier 2009 à 10:20
Salut si vous avez des info, veuillez faire parvenir a Bout099@hotmail.com. merci