Réalité linguistique 101
janvier 31, 2008 par phoff
J’adore Jana Havrankova. Je ne la connais pas et je suis presque certain que je n’aurai jamais la chance de la connaître. Je l’aime, tout de même, depuis qu’elle s’est attaquée à la plus récente « crise » dans laquelle le Québec s’est immiscé.
Cette nouvelle crise existentielle, qui suit celle sur les accommodements raisonnables, est de nature linguistique.
Depuis que nous avons appris que, malgré la forte augmentation du nombre d’immigrants parlant le français au Québec, le poids démographique des francophones de souches continu de diminuer dans la région de Montréal, les péquistes ont sonné l’alarme et ne cessent pas de semer la peur.
Dans La Presse de mardi, madame Havrankova nous livre son opinion sur l’affaire et elle nous démontre à quelle point on se trompe lorsqu’on pense que les Tremblay et les Boissoneault-Giguère sont les seuls qui peuvent assuré la survie du français. Voici son texte en entier :
Une grande agitation s’est emparée du Québec parce que 47.4 % des Montréalais parlent à la maison une langue autre que le français. Lorsqu’un sondeur me pose la question « Êtes-vous de la langue maternelle française? », je serai pour toujours obligée de dire « non ». La situation se complique quant à la langue que je parle à la maison. Si ma mère était en vie, sans doute parlerais-je encore le tchèque avec elle, mais possiblement aussi avec mes fils en sa présence. Si j’avais épousé un Tchèque plutôt qu’un québécois « de souche », peut-être parlerais-je, ô horreur! le tchèque chez moi.
Il y a quelque chose d’indécent à se fourrer le nez dans l’intimité des gens pour savoir dans quelle langue ils se racontent leur journée pendant le souper. Si l’immigrant travaille en français, si ses enfants vont à l’école française, en quoi cela regarde quiconque de savoir quelle langue il parle chez lui? Cette préoccupation malsaine, alarmiste, empeste l’intégrisme linguistique.
Ainsi, j’ai un conseil à donner aux immigrants : mentez lorsque quelqu’un vous demande quelle langue vous parlez chez vous! Dites que vous parlez français, que vous regardez Virginie tous les soirs, que vous avez vu tous les films de Pierre Falardeau, lu tous les livres de Michel Tremblay et que vous suivez de près les écrits de Jean-François Lisée. Affirmez votre québécitude et participez à l’apaisement des angoisses linguistiques de certains!
Pour ma part, je commence à être sérieusement incommodée par les insinuations selon lesquelles les immigrés perturbent le caractère francophone du Québec. Comme l’écrivais Pierre Foglia dans une de ses chronique : immigrant un jour, immigrant toujours…
Toutefois, est-ce bien opportun de le souligner constamment? Est-ce la meilleure façon d’intégrer les immigrants?
Wow, j’ai jamais lu un texte si puissant sur ce sujet!
Merci de partager.