Il va sans dire que je ne suis pas d’accord avec tous les propos de madame Havrankova. Je n’encouragerai personne à mentir aux sondeurs et je ne suis pas entièrement convaincu que ces genres de questions sont nécessairement « indécentes ».
Je suis, par contre, de l’avis que certains politiciens et journalistes vont tenter de manipuler les données pour des gains politiques.
Dans ce cas, le tout a commencé quand une enquête du Journal de Montréal a montré qu’un unilingue anglophone peut décrocher un emploi dans de petits commerces de la région de Montréal (elle en a visité 97). Évidemment, les péquistes sont montés aux barricades et ont proposés toutes sortes de « solutions » pour corriger ce « relâchement ».
Le hic est que, en ce qui concerne le service en français à Montréal, il n’y a pas eu de relâchement. Dans un sondage de l’Office québécois de la langue française en 2006 (2 500 commerces), on a déterminé que « l’accueil se fait en français dans les commerces visités plus de quatre fois sur cinq et le service est offert en français quelque neuf fois sur 10 ». En 1989, le Conseil de la langue française avait mené une enquête semblable auprès de 4 000 commerces et avait également déterminé que neuf commerces montréalais sur dix étaient en mesure de servir les gens en français.
Malgré le fait que le visage linguistique de Montréal a beaucoup changé depuis les années 1970, époque où la langue du commerce était clairement l’anglais, le Québec semble être au bord d’une crise de nerfs et la cible facile est, comme dans la dernière crise, la population immigrante.
Ça, c’est vraiment se noyer dans son crachat.
Montréal est une villes cosmopolite qui n’est pas (acceptons le!) à l’image du reste du Québec. Il y a ici un mélange de culture qui ne fait que d’ajouter à la culture québécoise. Si les québécois de souche occupent moins de place dans cette culture, c’est simplement parce qu’ils se reproduisent à un rythme nettement inférieur au reste de la population.
Certains proposent que le Gouvernement du Québec adopte une politique afin de freiner l’immigration. Dans son éditorial du 26 janvier, André Pratte nous donne une réponse éloquente à cette proposition :
Et sans mentionner, peut-etre, les répercussions morales et politiques d’un filtrage linguistique?
Excellent article! Le titre est également à point.
Par Jason le 4 février 2008
à 02:12