Publié par : phoff | 14 janvier 2009

Lecture 2.0

 

Dans une chronique rédigée tout juste avant les fêtes, Patrick Lagacé écrivait ceci :

« Il fut une époque où je lisais tout le temps des livres, disais-je. Cette époque est révolue.

L’été dernier, pendant mon mois de vacances?

Zéro.

Le tueur du lecteur de livres qui vivait en moi depuis près de 30 ans?

Le Net. »

Tout de suite, je me suis reconnu dans ces mots.

Comme nous sommes tous en plein milieu de la saison des résolutions, je me retrouve dans une situation bien trop familière. Je prends, encore, la résolution de lire davantage de livres. Des romans, si possible. C’est la même résolution que l’an dernier. Au début de 2008, j’ai lu trois livres en janvier. Ce n’est pas avant le mois d’octobre que j’avais doublé ce chiffre. Je me suis un peu rattrapé pendant l’automne, mais c’était trop peu trop tard.

C’est une drôle de résolution, car j’ai l’impression de lire plus que jamais. J’ai souvent l’impression de lire constamment, mais moins souvent des livres. Je lis des journaux et des revues, mais de plus en plus, je lis des articles et des billets sur le Web. C’est la lecture 2.0.

Si le Web 2.0 est une nouvelle incarnation d’Internet qui nous permet d’interagir davantage avec le contenu du Web afin de créer un aspect plus « communautaire » (Facebook, Twitter, RSS, etc.), la lecture 2.0 découle directement de ce phénomène. « The medium is the message », comme dirait Marshall McLuhan.

En ce moment, je rédige une chronique. Mais je ne fais pas que ça. Je suis, en même temps, connecté à un réseau d’amis et de contacts sur Twitter et Facebook. Mon lecteur RSS est également ouvert, ce qui me permet de suivre les mises à jour de mes blogues préférés (une liste qui se chiffre à plus de 70). J’écoute aussi de la musique en ligne via Last.fm. Je peux également faire tout ceci sur mon téléphone quand je ne suis pas à la maison ou au bureau.

C’est un flux constant d’information.

Suis-je hyperbranché? Peut-être. Est-ce que ma manière d’assimiler l’information souffre? Je le doute. Certes, j’assimile l’information différemment, mais pas nécessairement mieux ou pire.

Pourquoi changer ma façon d’assimiler l’information? Jusqu’à tout récemment, je n’avais pas encore mis le doigt sur la réponse à cette question. Pas avant d’avoir visionné une courte vidéo remplie de statistiques fascinantes.

Ce que j’ai particulièrement retenu de cette vidéo sont les statistiques sur la quantité d’information dans laquelle nous baignons chaque jour. Voici quelques faits saillants :

• Sur Google, les gens font 31 milliards de recherches par jour.
• La télévision a réussi à joindre 50 millions de personnes en 13 ans. Facebook a atteint ce chiffre en 2 ans.
• On estime qu’une personne contemporaine a accès plus d’information dans une semaine du New York Times que ses ancêtres du 18e siècle avaient dans leur vie entière.
• On prévoit que la quantité d’information générée cette année dépassera celle des 5 000 dernières années.

Avec une telle quantité d’information, il est impossible de suivre tout ce qui se passe, mais les nouvelles technologies peuvent nous guider dans la tempête. En me servant de Twitter et de mon lecteur RSS, je suis capable de filtrer les informations qui m’intéressent. En utilisant des mots-clefs et des agrégateurs, on peut encore mieux cibler le contenu qui nous intéresse.

C’est peut-être un peu complexe, mais c’est le futur. Souvent, quand je lis mon journal du matin, je connais déjà les nouvelles parce qu’elles ont déjà passé sur mon ordi ou sur mon téléphone. Les revues hebdomadaires sont encore plus en retard. Les journaux et les revues, par contre, jouent un rôle important car elles permettent au lecteur d’approfondir ses connaissances sur les sujets qui passent trop vite dans les journaux ou sur le Web.

Malgré le fait que je pratique la lecture 2.0, je promets de lire plus de livres cette année.

Je vous je jure.


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