Publié par : phoff | 15 juin 2009

Pas de place pour des anglophones au Québec

Alors, voilà. L’aile plutôt extrémiste du mouvement souverainiste au Québec à décider de mettre en application les recommandations de M. Parizeau et de créer une crise afin de faire « avancer » les choses.

Les groupes Bloodshot Bill et Lake of Stew, composés de musiciens anglo-québécois, devaient se produire pour le show de l’Autre St-Jean le 23 juin, mais l’Association culturelle Louis-Hébert a demandé le retrait des deux groupes. Apparemment, il n’y a pas de place pour les anglophones dans la fête nationale « de tous les québécois ».

Évidemment, les réactions n’ont pas tardés. Il y a en a de toutes sortes, mais la nouvelle a été plutôt mal accueillie. Plus tôt aujourd’hui, la ministre de la Culture a fustigé « La frange “intolérante” du mouvement souverainiste veut exclure les anglophones du paysage culturel québécois… »

Pour ma part, j’ai bien aimé le texte de Patrick Lagacé dans lequel il pose le problème sous un autre angle :

Imaginez une fête du 1er juillet alternative, dans un coin assez Anglo, genre certains coins des Cantons de l’Est ou le West-Island. Imaginez qu’on ait invité Marie-Pierre Arthur ou Vincent Vallières à jouer. Maintenant, imaginez que les organisateurs de cette fête soient obligés de flusher Arthur ou Vallières, parce que des excités auraient menacé de perturber le party, because we ain’t gonna listen to French music on Canada Day…

Imaginez le bruit des chemises déchirées.

Ouais, imaginez.

Pour ma part, je ne peux m’empêcher de penser à ma communauté acadienne et sa propre fête nationale. Est-ce que « nous » accepterions que Zachary Richard chante ses tounes en anglais lors d’un spectacle du 15 août?

Sans doute que oui (surtout que M. Richard est un demi-dieu dans la communauté acadienne), mais la comparaison est boiteuse. Néanmoins, je suis certain qu’il y aurait des Acadiens nationalistes qui soulèveraient un tollé.


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