Never Rarely Sometimes Always

J’ai vu beaucoup de films.

J’ai vu beaucoup de mauvais films (qui, néanmoins me divertissent).

Ce soir, j’ai eu la chance de voir un film extraordinairement bon. À mon avis, ces films sont rares.

Never Rarely Sometimes Always est un film réalisé et scénarisé par l’américaine Eliza Hittman et met en scène des comédiennes essentiellement inconnues. Sidney Flanagan, dans son tout premier rôle dans un long-métrage, incarne le personnage principal, Autumn. Cette jeune de 17 ans, en apprenant qu’elle est enceinte, fait le périple vers New York avec sa cousine afin de se faire avorter. Cette procédure n’est pas permise sans le consentement de ses parents sans sa Pennsylvanie natale.

Au festival Sundance, Never Rarely Sometimes Always a remporté un prix spécial du Jury pour saluer le néoréalisme de la réalisatrice Eliza Hittman. Les films néo-réalistes aspirent à capter la vie quotidienne, entre fiction et documentaire. On cherche à vouloir raconter la vie des citoyens ordinaires dans la société et, typiquement, ceux qui appartiennent à la même classe.

Il y a peu de films néoréalistes contemporains, surtout pas issu du Hollywood. Mes premiers jets dans ce genre sont les films de de Kevin Smith, mais ce film ressemble peu à Clerks ou Mallrats. Plutôt, Never Rarely Sometimes Always m’a immédiatement rappelé un film que j’ai vu plus récemment, Winter’s Bone. Ce film de Debra Granik, réalisé en 2010, met en scène une jeune Jennifer Lawrence, une comédienne non formée lors du casting. On connait aujourd’hui l’ascension de madame Lawrence.

Ce qui m’a frappé tout au long de Never Rarely Sometimes Always, est d’abord l’esthétique « granuleux » du film. Il y a une atmosphère glauque qui concorde parfaitement avec le sujet abordé. L’autre aspect que j’ai beaucoup aimé est l’utilisation des moments de silence entre les personnages pour renforcer la gravité du sujet. Le non-dit pourrait être considéré comme un personnage secondaire dans ce film.

Il y a un message politique dans ce film, certes, mais il est traité avec subtilité et délicatesse afin de mettre l’accent sur l’aspect humain qui imprègne cette œuvre.

Si le problème de l’accès à l’avortement est immense aux États-Unis, il ne faut pas s’imaginer que ce n’est guère mieux ici au Canada. Dans ma province natale, le Nouveau-Brunswick, seules 2 villes dans la province offrent les services d’avortement. Encore trop de personnes voulant accéder à ces services doivent débourser les frais de déplacements, de logement, etc.

Je vais alors profiter de cette tribune pour partager le message de Justice Reproductive Nouveau-Brunswick :

« Aucune mesure législative n’est requise pour abroger le Règlement 84-20. Il s’agit d’une décision du Cabinet et d’un simple trait de plume, le premier ministre Higgs peut procéder à son abrogation. »