Le rejet de la science et de la raison

Récemment, la Ontario English Catholic Teachers Association a pétitionné pour faire arrêter l’installation de systèmes d’Internet sans fil dans les écoles, car ceux-ci posaient un risque potentiel sur la santé et la sécurité des élèves et du personnel.

L’association d’éducateurs, il faut le dire, s’en est pris à l’Internet sans fil en se basant sur des interprétations scientifiques douteuses et des arguments circulaires. Il y avait aussi dans leur argumentation, une bonne dose de colportage de rumeurs.

Le chroniqueur du Globe and Mail, André Picard, a habilement remis les pendules à l’heure dans ce dossier dans un texte plus tôt cette semaine. À lire.

Les phrases qui tuent :

« It is hard to imagine why the OECTA would produce such an intellectually dubious report, essentially aligning itself with fringe groups. No matter how well-intentioned, surely there are a lot more pressing and real health concerns in its schools like childhood obesity and ensuring kids have safe routes to school. »

Dawkins sur l’évolution : Réponse aux créationnistes

Un excellent texte de Richard Dawkins dans le Times Online la semaine dernière. Finalement., c’est une critique du livre de Jerry Coyne, Why Evolution Is True, qui vient de paraître.

Dawkins, bien sûr, est un auteur et un scientifique de grande renommée qui a été grandement médiatisé, surtout suite à la sortie de son livre, The God Delusion, en 2006.

Dans sa critique, Dawkins offre un passage splendide en réponse à ceux qui pensent toujours que la science de l’évolution est une théorie et qu’elle ne doit pas être élevée à un plus haut statut que les autres « théories ».

How can you say that evolution is “true”? Isn’t that just your opinion, of no more value than anybody else’s? Isn’t every view entitled to equal “respect”? Maybe so where the issue is one of, say, musical taste or political judgement. But when it is a matter of scientific fact? Unfortunately, scientists do receive such relativistic protests when they dare to claim that something is factually true in the real world. Given the title of Jerry Coyne’s book, this is a distraction that I must deal with.

A scientist arrogantly asserts that thunder is not the triumphal sound of God’s balls banging together, nor is it Thor’s hammer. It is, instead, the reverberating echoes from the electrical discharges that we see as lightning. Poetic (or at least stirring) as those tribal myths may be, they are not actually true.

But now a certain kind of anthropologist can be relied on to jump up and say something like the following: Who are you to elevate scientific “truth” so? The tribal beliefs are true in the sense that they hang together in a meshwork of consistency with the rest of the tribe’s world view. Scientific “truth” is only one kind (“Western” truth, the anthropologist may call it, or even “patriarchal”). Like tribal truths, yours merely hang together with the world view that you happen to hold, which you call scientific. An extreme version of this viewpoint (I have actually encountered this) goes so far as to say that logic and evidence themselves are nothing more than instruments of masculine oppression over the “intuitive mind”.

Listen, anthropologist. Just as you entrust your travel to a Boeing 747 rather than a magic carpet or a broomstick; just as you take your tumour to the best surgeon available, rather than a shaman or a mundu mugu, so you will find that the scientific version of truth works. You can use it to navigate through the real world. Science predicts, with complete certainty unless the end of the world intervenes, that the city of Shanghai will experience a total eclipse of the sun on July 22, 2009. Theories about the moon god devouring the sun god may be poetic, and they may cohere with other aspects of a tribe’s world view, but they won’t predict the date, time and place of an eclipse.

Science will, and with an accuracy you could set your watch by. Science gets you to the moon and back. Even if we bend over backwards to concede that scientific truth is no more than that which enables you to pilot your way reliably, safely and predictably around the real universe, it is in exactly this sense that – at the very least – evolution is true. Evolutionary theory pilots us around biology reliably and predictively, with a detailed and unblemished success that rivals anything in science.

Dawkins aime bien semer la polémique, mais il est néanmoins un homme brillant. Il prépare lui aussi un livre sur le sujet qui paraîtra à l’automne. Un autre bouquin à ajouter à ma liste.

Recherche scientifique : Canada et É.-U. aux antipodes?

Encore Obama. Disons que je suis de très près la transition à Washington.

Je suis fasciné par plusieurs aspects de l’arrivée d’Obama, notamment son utilisation des nouvelles technologies, son niveau « d’audace » en s’attaquant aux vieux problèmes et la perception des États-Unis dans le reste du monde.

Dès le jour de l’inauguration du nouveau gouvernement, la perception des gens envers les États-Unis semble avoir changé du jour au lendemain. Dans les pays où les gens semblaient « détester » les États-Unis, on trouve maintenant un regain d’appui et d’intérêts pour le pays de l’oncle Sam.

À l’époque de W., le Canada a réussit à rapatrier beaucoup de ses cerveaux. Surtout ceux qui œuvrent dans les domaines scientifiques.

Fidèle à l’idéologie conservatrice, le gouvernement Bush était, de toute évidence, « anti-science ». Les investissements dans la recherche et le développement ont chuté de façon considérable sous Bush, ce qui a poussé beaucoup de scientifiques à traverser la frontière pour venir travailler au Canada.

Est-ce que l’exode des cerveaux canadiens risque de recommencer?

Il semble que, depuis l’arrivée d’Obama, le Canada et les États-Unis sont aux antipodes quant à la question de la recherche scientifique.

Voici un extrait du discours d’inauguration de Barack Hussein Obama :

We’ll restore science to its rightful place, and wield technology’s wonders to raise health care’s quality and lower its cost. We will harness the sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories. And we will transform our schools and colleges and universities to meet the demands of a new age. All this we can do. All this we will do.

Une semaine plus tard, à la suite du dévoilement du Budget Flaherty, on apprend que le gouvernement canadien a choisi de ne pas offrir de financement pour Genome Canada en 2009.

Je comprends qu’il y a bien des nuances dans les deux cas, mais l’impression que les deux pays s’en vont dans des directions opposées est quand même forte.